Premiers pas professionnels

 

Enfant, je baignais déjà dans le milieu de l’éducation. Mes parents, instituteurs, appartenaient au mouvement Freinet. J’ai le souvenir de leurs discussions passionnées entre collègues et des stages dans lesquels ils mettaient en pratique cette conception de l’éducation : tâtonnement expérimental, apprentissage en situation réelle et autonomie. J’en suis restée imprégnée (nous, les enfants, étions quasiment toujours présents et nous participions souvent aux ateliers pratiques) et cela a influencé ma façon d’envisager l’éducation et les apprentissages en général.

Devenue à mon tour institutrice après 3 ans de formation, j’ai tenté de retrouver et mettre en place cette pédagogie autant que je le pouvais avec mes élèves. Pour moi, si j’étais la personne ressource, proposant des situations et des outils favorisant les apprentissages, les élèves, voire les parents, avaient aussi des choses à apporter. Nous formions une communauté autour de l’apprentissage et chacun pouvait y apporter ses savoirs et ses compétences et les transmettre.

Dans ce même esprit, car les militants Freinet, étaient aussi des chercheurs à leur manière, j’ai suivi le cursus licence et master en sciences de l’éducation, à l’université Lumière Lyon 2 de 2003 à 2007. C’était un enseignement à distance, avec quelques grands weekend en présentiel, et surtout une plateforme en ligne où il était possible d’échanger avec les autres étudiants. C’était très riche de discussions, de partages d’expérience grâce à la diversité des personnes qui ne venaient pas toutes de l’enseignement. Cela m’a permis de découvrir d’autres horizons, d’autres façons de faire avec une vraie réflexion autour de l’enseignement.

Après quelques années, je me suis tournée vers l’aide aux élèves en difficulté. Je m’étais bien rendue compte que c’était justement ces difficultés qui nourrissaient ma motivation à comprendre les mécanismes de l’apprentissage. Je voulais que les matières de base, notamment la lecture, clé d’ouverture de tant de connaissances, leur soient accessibles plus facilement. J’ai donc entrepris une nouvelle formation pour devenir Maîtresse spécialisée au RASED (Réseau d’Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté).

 

De l’Éducation Nationale à la Sophrologie

 

Puis la vie m’a poussée à changer de métier. Pour autant, je souhaitais garder ces valeurs d’aide et de transmission et utiliser mon expérience personnelle et professionnelle. La sophrologie, qui m’avait aidée dans des moments difficiles, proche du yoga pratiqué à titre personnel pendant de longues années me “parlait” bien. Mon choix s’est vite arrêté sur l’Institut de formation Cassiopée à Chatou (78). Je me suis inscrite pour le cursus sophrologie de deux ans ainsi que pour celui de relation d’aide qui me semblait très complémentaire.

J’y ai trouvé une formation très riche, sur le même principe que celle des sciences de l’éducation. Un travail  personnel théorique avec des sessions en présentiel pendant lesquelles on pratiquait beaucoup. Nous testions sur nous les pratiques, reprenions les cours avec les formateurs et échangions entre formés; J’ai particulièrement apprécié que la formation soit complète : on ne nous a pas seulement appris des techniques. Nous avons travaillé d’autres éléments indispensables. Sandra, directrice et formatrice, elle-même psychologue et sophrologue, nous disait souvent : “je veux pour vous l’excellence” : être un ou une bonne sophrologue ne se résume pas à faire pratiquer des exercices. Développer sa capacité d’écoute, d’empathie (tout en sachant garder du recul), être consciente de ses propres failles pour ne pas entrer en résonnance avec les personnes qui consultent, savoir accueillir, mener un entretien, créer un lieu tout à la fois apaisant et qui nous ressemble, a été abordé et travaillé en profondeur.

La certification s’obtenait bien sûr avec la réussite aux examens théoriques et pratiques. Mais cela ne suffisait pas : il fallait justifier d’un suivi personnel avec un thérapeute de notre choix et produire un livre d’or contenant les témoignages de personnes ayant bénéficié de notre pratique.

Je n’estime pas pour autant ma formation achevée, pour moi, on apprend tout au long de notre vie, particulièrement quand il s’agit de développement personnel. Je continue donc à chercher, m’informer, étudier, que ce soit par mes lectures, mes échanges avec d’autres praticiens ou d’autres formations. J’ai ainsi découvert la psychologie positive il y a quelques années avec le centre de formation Zenpro de Montpellier.

Ce chemin est celui qui me convient : généreux en belles rencontres, riches en découvertes et apprentissages et abondant en possibilités d’accompagnements. Et j’y retrouve l’esprit Freinet, situations réelles et autonomie.